« Nous n'avons besoin de rien de ce que vous possédez » : ma tribune sur la vassalisation à l'épreuve de l'Amérique du Nord
Le 10 juin, dans le Bureau ovale, Donald Trump annonçait qu'il n'envisageait pas de renouveler l'accord de libre-échange qui lie les États-Unis au Canada et au Mexique, avant d'ajouter que son pays n'avait « besoin de rien » de ce que possèdent ses deux voisins. Les chiffres disent à peu près le contraire, de la potasse canadienne aux pièces automobiles mexicaines qui traversent la frontière sept ou huit fois avant l'assemblage.
C'est justement ce qui m'a intéressé. Cette phrase n'est pas une erreur factuelle, c'est un ancrage, au sens que la psychologie de la négociation donne à ce terme : une prémisse extrême installée dans l'esprit de l'autre pour que chaque concession arrachée par la suite paraisse normale. Dans cette tribune, je montre que les trois issues possibles de l'échéance du 1er juillet ne sont pas trois scénarios subis mais trois manœuvres d'un même répertoire, et que la conduite des négociations, bilatérale avec le Mexique, coercitive avec le Canada, obéit à une méthode identifiable.
J'y défends surtout une idée qui devrait nous concerner directement : si le Canada, l'allié le plus intégré au monde à Washington, ne parvient pas à se protéger de cette pression, alors l'argument du lien transatlantique irremplaçable ne vaut rien comme bouclier. L'intégration ne protège pas du suzerain, elle est la matière même de son levier. Ce qui se joue à Ottawa et à Mexico est une répétition générale.
Chaque affirmation du texte est sourcée en annexe, sur données publiques et documents primaires.
À lire sur VeilleMag : https://www.veillemag.com/Nous-n-avons-besoin-de-rien-de-ce-que-vous-possedez-la-vassalisation-a-l-epreuve-de-l-Amerique-du-Nord-Guillaume_a7797.html